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Patrimoine

Montmorency occupe un site remarquable. En effet, notre ville est située sur un promontoire qui, au sud, domine la vallée de Montmorency et, au nord, la Plaine de France. Cette situation en a fait un lieu d’observation et un point stratégique important pour toute cette région peuplée depuis des millénaires. Il est en effet établi que Montmorency voyait le passage de populations nomades bien avant la période du néolithique, comme en témoignent les nombreuses découvertes d’outils en grès taillé faites dans plusieurs sites de la forêt de Montmorency. Cette industrie préhistorique a reçu le nom de « Montmorencien ».

Bouchard et les Montmorency

Au début du Xe siècle, ce point défensif fut confié à Bouchard le Barbu, petit baron établi dans l’Ile Saint-Denis, qui tirait l’essentiel de ses revenus des droits de péage qu’il imposait aux bateliers naviguant sur la Seine. Ses descendants prirent par la suite le nom de Montmorency puis le titre de « Premiers barons chrétiens ». Commence alors la longue histoire d’une célèbre lignée ; celle des Montmorency. Cette famille a donné à la France 6 connétables, 12 maréchaux et 4 amiraux. Elle fut l’une des plus illustres de notre histoire.

Personnages de cette lignée

conetableMathieu II de Montmorency se distingua à la bataille de Bouvines (1214). Le Connétable Anne de Montmorency (1493-1567) fut fait duc et pair de France par le roi Henri II en 1551 pour les éminents services rendus à la royauté en tant qu’homme de guerre et diplomate. Il mourut à la tête de son armée à la bataille de Saint-Denis, lors des guerres de Religions. Grand propriétaire terrien, il fit construire le château de Chantilly entre 1530 et 1550 (seule en subsiste la Capitainerie), puis le château d’Ecouen devenu, en 1977, le musée national de la Renaissance. Il fit également terminer en 1563 la nef de la Collégiale Saint-Martin de Montmorency, dont, avec le chœur, la construction avait été entreprise par son père Guillaume vers 1515. La branche aînée des Montmorency s’éteignit lorsque le duc Henri II fut décapité à Toulouse en 1632 pour avoir conspiré contre le roi. Ses biens furent alors confisqués et remis, ainsi que le titre qui y était attaché, à Henri de Bourbon, prince de Condé, dont l’épouse Charlotte de Montmorency, était l’une des sœurs du condamné. En 1689, leur petit-fils, Henri-Jules de Bourbon demanda au roi de commuer le nom de son duché-pairie de Montmorency en celui d’Anguien, du nom d’une terre qu’il possédait à Nogent–le–Rotrou (à la suite du transfert antérieur vers cette terre d’un titre détenu par sa famille à Anguien le Hainaut). Et ce nom (par la suite Enghien) devint celui de notre ville de 1689 à 1790. Ce changement d’appellation ne fut d’ailleurs qu’un début puisque Montmorency changea 9 fois de nom entre 1689 et 1832 (après 1790 : Montmorency-l’Emile, en hommage à Jean-Jacques Rousseau, Montmorency en 1813 et pendant les Cent Jours à nouveau Enghien pendant la restauration, pour retrouver son nom historique en 1832).

Que reste-t-il des Montmorency à Montmorency ?

06-L'HistoireL’antique château fort n’étant plus au goût des successeurs de Bouchard le Barbu, ceux-ci, dès le XVe siècle, choisirent d’habiter des châteaux plus confortables : Chantilly puis Ecouen. Ils ont ainsi abandonné la forteresse de leur origine qui tomba en ruine. Seules 2 tours se maintinrent en place jusqu’au XVIIIe siècle. Le centre ancien est cependant toujours dominé par l’ancienne motte féodale bien délimitée par les rues de l’Eglise, de la Charrette, la place au Pain, la rue Saint-Victor et la rue Saint-Martin. De la même façon disparurent les murailles élevées au XIe siècle puis au XVe siècle autour du bourg de l’époque. Il subsiste quelques vestiges de ces dernières dans la partie supérieure des jardins de l’Observance dominant l’ancienne Justice de Paix. Mais le principal témoignage de la présence des Montmorency en notre ville est évidemment la Collégiale Saint-Martin, édifiée de 1515 environ à 1563. Ce magnifique édifice de style gothique flamboyant fut, jusqu’à la révolution, la nécropole des barons et des ducs de Montmorency et de certains princes de la maison des Bourbon-Condé. D’abord chapelle ducale desservie par un collège de chanoines, elle devint église paroissiale en 1631.

Montmorency du Moyen âge à la Renaissance

collegiale_au_XVIIIeme_siecleAu Moyen âge, de nombreux conflits opposèrent les Seigneurs de Montmorency aux rois de France. Bien des sièges et des combats en résultèrent, entraînant souvent de grandes difficultés pour notre ville. Au XIVe siècle, la guerre de Cent Ans apporta aussi son lot de misères, la ville ayant été plusieurs fois prise et pillée par les bandes anglaises, particulièrement en 1358 et en 1381. Au XVIe siècle, les Guerres de Religions provoquèrent de nombreuses destructions, du fait, notamment, des Ligueurs en 1589. Des périodes de paix s’intercalèrent heureusement entre ces moments de trouble et la vie économique a pu alors s’organiser. Un hospice, l’Hôtel-Dieu est fondé en 1207. Au XVe siècle, le baron Jacques fait reconstruire les remparts et la ville connut alors une certaine prospérité. On cultive la vigne et les arbres fruitiers sur les pentes, et les vallées se couvrent de cultures céréalières. Le blé est moulu sur place car Montmorency possède alors plusieurs moulins à vent. On aperçoit encore la tour de l’un d’eux dans la rue de Jaigny. Enfin, la Collégiale Saint-Martin fut édifiée comme on l’a vu, au cours du XVIe siècle.

Du XVIIe siècle à l’époque moderne

Après les Guerres de Religions, la paix règne à nouveau à Montmorency. Le début du XVIIe siècle voit l’extension de l’ancien Hôtel-Dieu du XIIIe siècle grâce à l’action des Mathurins-Trinitaires. Ceux-ci font bâtir un nouvel établissement hospitalier en 1608, lequel sera l’ancêtre de notre actuel hôpital : Le «Petit Château». Au cours du XVIIe siècle, la réputation de Montmorency s’étend, tandis que se précise sa vocation de ville résidentielle. C’est alors que ses hôtes de marque s’y établissent. A cette époque, le plus célèbre d’entre eux, Charles Le Brun, premier peintre du roi, acquiert en 1673 un domaine situé près de la place portant maintenant son nom. Il y fait construire une élégante demeure qui restera dans l’histoire sous le nom de «Petit Château». Son emplacement correspondait à peu près à ce qui est devenu la rue du Lac. De splendides jardins et de grandes pièces d’eau l’entouraient, mais tout cet ensemble a disparu au XVIIIe siècle.

plan_conde

Plan dit de Condé établi à la fin du XVIIIe siècle. L’hôtel-Dieu occupe la parcelle 16 du Canton XIV sur la place des Mathurins.
Il faisait face au couvent des Mathurins (parcelle 3bis du canton 1er)


Les Oratoriens

La congrégation des Oratoriens s’installe à Montmorency à partir de 1617. Elle fait construire un séminaire sur une terrasse prolongeant au nord de l’escarpement sur lequel est édifiée la Collégiale. Ce vaste bâtiment souvent représenté sur d’anciennes gravures, sera détruit peu après la révolution de 1789.

Le Grand Château

En 1702, Pierre Crozat – riche financier parisien – achète la propriété de Le Brun et entreprend la construction d’un important château à l’est du parc. Il fut habité jusqu’en 1740 par Crozat, puis de 1754 à 1764, par le maréchal de Montmorency-Luxembourg, grand seigneur qui se fit le protecteur de Jean-Jacques Rousseau. Bien qu’ayant échappé aux destructions de la période révolutionnaire, ce bâtiment sera abattu en 1817 par un marchand de biens. C’est à peu près à son emplacement que sera construit plus tard le château de Dino qui se dresse le long de l’avenue Charles-de-Gaulle. Un parc d’une vingtaine d’hectares magnifiquement aménagé s’étendait jusqu’au petit château et, en 1719, Crozat fit établir par l’architecte Oppenord les plans d’une Orangerie.

Le Refoulons

refoulonsLe chemin de fer reliant Enghien-Les-Bains à Montmorency fonctionna de 1866 à 1954 et portait le curieux nom de « Refoulons ». Celui-ci lui avait été donné parce que l’on devait placer la locomotive à l’arrière du convoi pour gravir la forte pente permettant d’atteindre Montmorency. Partant de la gare d’Enghien, il contournait notre ville en longeant Soisy-sous-Montmorency et son point terminus était situé en contrebas de l’actuelle place Franklin-Roosevelt où se trouvait la gare. Construite à l’initiative de Rey de Foresta, cette ligne fait partie de l’histoire de Montmorency car, à partir de 1866, elle donna un essor important à notre ville en contribuant à y attirer de nouveaux habitants et de très nombreux visiteurs. Le Refoulons assurait la correspondance avec les trains se dirigeant vers Paris et, pendant 88 ans, il fut d’une grande utilité aux Montmorencéens partant pour la capitale. Comme ils en appréciaient la commodité et aimaient son allure pittoresque, les usagers regrettèrent vivement sa disparition. Son dernier voyage eut lieu le 30 juin 1954.

NOTA :

Texte rédigé d’après l’ouvrage :
Connaître et aimer Montmorency de R. Biais – G et G. Dornier (Editions du Valhermeil)

BIBLIOGRAPHIE :
outre l’ouvrage précité, on lira avec intérêt :

  • Brigitte Bedos :
    Histoire de Montmorency - le Moyen âge
  • Michel Rival : Le Refoulons ou le chemin de fer d’Enghien à Montmorency
  • Bulletins de la société d’histoire de Montmorency
  • Michel Rival : Les Montmorency, Seigneurs de Montmorency

 

Le blason de Montmorency

photo_blasonLes armes de la Ville sont celles que portaient les membres de la famille de Montmorency : « d’or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d’azur ». En héraldique, gueules est la couleur rouge et l’alérion est une petite aigle – féminin en héraldique – sans bec ni pattes. Ces armoiries étaient souvent accompagnées de la devise « aplanos » qui signifie en grec « sans dévier ». L’histoire de ces armes commencerait en 978, Bouchard Ier, baron de Montmorency, repoussa l’Empereur d’Allemagne Othon II. Suite à cette victoire, il aurait pris pour armes 4 alérions d’azur. Le 27 juillet 1214, lors de la bataille de Bouvines, Mathieu II de Montmorency se distingue par sa bravoure et enlève 12 bannières à l’ennemi, ce qui lui permit d’ajouter 12 alérions à son blason. La croix rouge aurait été tracée par le roi Philippe-Auguste avec le sang de Mathieu II, blessé au cours de la bataille.